Comment déclarer ses plus-values boursières en France ?

Comment déclarer ses plus-values boursières en France ? Le guide complet 2026

Temps de lecture estimé : 18 minutes

Vous avez vendu des actions, des ETF ou d’autres titres financiers cette année et vous vous retrouvez face à votre déclaration d’impôts avec une légère sueur froide ? Vous n’êtes pas seul. Chaque printemps, des millions d’investisseurs français se retrouvent confrontés à la même question : comment déclarer correctement mes plus-values boursières pour ne pas payer trop (ni trop peu) d’impôts ?

La bonne nouvelle : ce n’est pas si compliqué une fois qu’on comprend la logique du système. La moins bonne : les règles fiscales françaises ont leurs subtilités, et une erreur peut coûter cher. Ce guide vous accompagne pas à pas, avec des exemples concrets et des conseils pratiques, que vous soyez un investisseur débutant ou confirmé.


Table des matières


1. Les principes fondamentaux de la fiscalité boursière en France

Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) : la règle par défaut en 2026

Depuis 2018, la France applique le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), communément appelé “flat tax”, sur la grande majorité des revenus du capital. En 2026, ce taux reste fixé à 30 %, décomposé ainsi :

  • 12,8 % d’impôt sur le revenu
  • 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.)

Ce taux s’applique automatiquement à vos plus-values de cession de valeurs mobilières réalisées dans le cadre d’un Compte-Titres Ordinaire (CTO). Concrètement, si vous avez acheté 50 actions XYZ à 20 € et les avez revendues à 35 € en 2025, votre plus-value brute est de 750 € — et vous devrez potentiellement 225 € de flat tax.

Mais attention : c’est la règle par défaut, pas la seule option. Vous pouvez, sous conditions, opter pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu — un choix qui peut s’avérer plus avantageux selon votre tranche marginale d’imposition (TMI).

Qui est concerné par cette déclaration ?

Tout contribuable domicilié fiscalement en France qui a :

  • Vendu des actions, obligations, parts de fonds (OPCVM, ETF) sur un CTO
  • Perçu des dividendes sur un CTO
  • Réalisé des gains via un Plan d’Épargne en Actions (PEA) de moins de 5 ans
  • Effectué des retraits sur une assurance-vie dans certaines conditions

Bonne nouvelle pour les titulaires d’un PEA de plus de 5 ans : les plus-values réalisées restent exonérées d’impôt sur le revenu (mais pas des prélèvements sociaux de 17,2 %). Nous y reviendrons en détail.


2. Comment calculer une plus-value boursière ?

La formule de base et le prix de revient unitaire

La plus-value nette se calcule ainsi :

Plus-value = Prix de cession net — Prix d’acquisition (coût de revient)

Le prix de cession net correspond au prix de vente diminué des frais de courtage et commissions payés à la vente. Le prix d’acquisition inclut le prix d’achat majoré des frais d’acquisition.

Exemple concret — Le cas de Marie :

Marie a acheté 100 actions Total en trois fois :

  • 50 actions à 40 € = 2 000 € (+ 10 € de frais)
  • 30 actions à 45 € = 1 350 € (+ 8 € de frais)
  • 20 actions à 42 € = 840 € (+ 6 € de frais)

Coût total : 4 214 € pour 100 actions → Prix de revient unitaire moyen (PRUM) = 42,14 €

Elle revend 60 actions à 50 € = 3 000 € (− 12 € de frais) → Prix de cession net : 2 988 €

Plus-value imposable : 2 988 € − (60 × 42,14 €) = 2 988 € − 2 528,40 € = 459,60 €

Flat tax due : 459,60 € × 30 % = 137,88 €

Compensation des plus-values et moins-values

L’une des règles les plus utiles (et les moins connues) : les moins-values peuvent être imputées sur les plus-values de même nature. Mieux encore, si vos moins-values excèdent vos plus-values sur une année, le solde négatif peut être reporté sur les 10 années suivantes.

En pratique, si en 2025 vous avez réalisé une plus-value de 2 000 € sur Apple et une moins-value de 800 € sur une biotech, votre plus-value nette imposable est de 1 200 € — et non 2 000 €.

Cas de Thomas : En 2024, Thomas a subi une moins-value de 3 500 € qu’il n’a pas pu compenser. En 2025, il réalise une plus-value de 2 800 €. Résultat : il impute 2 800 € sur sa moins-value reportée, et n’est imposé sur rien du tout en 2025. Il lui reste encore 700 € de moins-value reportable jusqu’en 2034.


3. Les formulaires et cases à remplir

La déclaration de revenus : formulaires 2042 et 2074

En 2026, pour déclarer vos revenus 2025, deux formulaires principaux sont à maîtriser :

  • Formulaire 2042 (déclaration principale) : cases 3VG (plus-values imposables au PFU) et 3VH (moins-values de l’année)
  • Formulaire 2074 : déclaration détaillée des plus et moins-values, obligatoire lorsque vous avez des moins-values à reporter ou des opérations complexes

La grande majorité des courtiers et banques en ligne (Boursobank, Trade Republic, eToro, DEGIRO, etc.) vous fournissent automatiquement un Imprimé Fiscal Unique (IFU) récapitulant toutes vos opérations imposables de l’année. Ce document est votre meilleur allié : il pré-remplit généralement les cases correspondantes.

Étape par étape : remplir sa déclaration en ligne

  1. Connectez-vous sur impots.gouv.fr avec votre numéro fiscal
  2. Récupérez votre IFU auprès de chaque établissement financier (disponible en général avant fin février)
  3. Dans la déclaration en ligne, accédez à l’onglet “Revenus des valeurs et capitaux mobiliers”
  4. Reportez les montants indiqués sur votre IFU dans les cases appropriées (3VG pour les gains, 3VH pour les pertes)
  5. Si vous souhaitez opter pour l’imposition au barème, cochez la case 2OP
  6. Joignez le formulaire 2074 si vous avez des moins-values reportables

Conseil pratique : La case 2OP est une option globale. En la cochant, TOUS vos revenus du capital (dividendes + plus-values + intérêts) basculent vers le barème progressif. Faites le calcul avant de cocher !


4. CTO vs PEA : des régimes fiscaux radicalement différents

Le choix du support d’investissement est probablement la décision fiscale la plus importante pour un investisseur particulier en France. Voici une comparaison structurée :

Critère CTO PEA (< 5 ans) PEA (≥ 5 ans) PEA-PME
Impôt sur la plus-value 12,8 % (PFU) ou barème 12,8 % + clôture 0 % 0 % après 5 ans
Prélèvements sociaux 17,2 % 17,2 % 17,2 % 17,2 %
Plafond de versement Illimité 150 000 € 150 000 € 225 000 €
Déclaration obligatoire Oui (formulaire 2042) Oui si retrait Oui (prélèvements sociaux) Oui après 5 ans
Univers d’investissement Mondial (actions, ETF, obligations…) Essentiellement actions européennes Essentiellement actions européennes PME/ETI européennes

Conclusion pratique : Si vous investissez à long terme sur des actions européennes, le PEA est fiscalement imbattable après 5 ans. Pour les investisseurs actifs ou ceux qui souhaitent accéder aux marchés mondiaux (actions américaines, cryptos, matières premières), le CTO reste incontournable — mais la gestion fiscale devient alors un enjeu à part entière.


5. Stratégies d’optimisation fiscale légales

La technique du “rachat-revente” (ou tax-loss harvesting)

C’est l’une des stratégies les plus efficaces et parfaitement légales. Si certaines de vos positions sont en moins-value latente en fin d’année, vous pouvez les vendre avant le 31 décembre pour cristalliser la perte et la compenser avec des gains réalisés. Vous pouvez ensuite racheter les mêmes titres immédiatement après (il n’existe pas de règle de “wash sale” en France contrairement aux États-Unis).

Exemple : Vous avez réalisé 4 000 € de plus-values sur vos ETF S&P 500. Vous avez par ailleurs une position sur un ETF biotechnologies en moins-value de 1 500 €. En vendant cet ETF avant le 31 décembre 2025 et en le rachetant le 2 janvier 2026, vous réduisez votre plus-value imposable de 2025 à 2 500 €, économisant environ 450 € d’impôts.

L’option pour le barème progressif : quand est-ce avantageux ?

La case 2OP n’est pas qu’un piège à éviter : pour les foyers à faible imposition, elle peut générer des économies significatives. Voici la règle simple :

  • TMI à 0 % ou 11 % → Le barème est généralement plus avantageux que le PFU à 12,8 %
  • TMI à 30 % → Le PFU est préférable (30 % global vs 30 % d’IR seul + 17,2 % de PS = 47,2 %)
  • TMI à 41 % ou 45 % → Restez avec le PFU, sans hésitation

Note importante : En cochant la case 2OP, vous ouvrez également droit à la déductibilité d’une partie de la CSG (6,8 %) sur vos revenus imposables de l’année suivante. Cet effet indirect peut parfois faire basculer la décision.

Maximiser l’enveloppe PEA avant tout

Si vous n’avez pas encore ouvert de PEA, la priorité absolue est d’en ouvrir un dès aujourd’hui — même avec 1 €. Le délai de 5 ans commence à courir dès la date d’ouverture, pas dès la date du premier investissement significatif. Chaque année perdue est une année de protection fiscale en moins.

En 2026, les plafonds restent à 150 000 € pour le PEA classique et 225 000 € pour le PEA-PME, offrant ensemble jusqu’à 375 000 € d’investissement potentiellement exonéré d’IR après 5 ans.


6. Les erreurs les plus fréquentes à éviter

Erreur n°1 : Oublier de déclarer les comptes étrangers

Si vous détenez un compte chez un courtier étranger (Interactive Brokers, DEGIRO, Trading 212…), vous devez déclarer ce compte via le formulaire 3916 (déclaration de comptes à l’étranger). L’oubli est sanctionné par une amende de 750 € par compte non déclaré, portée à 1 500 € si le solde dépasse 50 000 €. En cas de fraude caractérisée, les pénalités peuvent atteindre 80 % des sommes.

Erreur n°2 : Confondre dividendes et plus-values

Les dividendes et les plus-values de cession sont deux catégories de revenus distinctes, même si elles sont toutes deux soumises au PFU à 30 %. Elles s’inscrivent dans des cases différentes du formulaire 2042 et ne peuvent pas être compensées entre elles. Une moins-value sur des actions ne peut pas s’imputer sur des dividendes perçus.

Erreur n°3 : Mal reporter les moins-values antérieures

Les moins-values reportables doivent être déclarées chaque année, même si vous n’avez pas réalisé de plus-values cette année-là. Si vous n’indiquez pas vos moins-values dans la déclaration de l’année où elles sont constatées, vous risquez de perdre le droit de les reporter par la suite. Conservez précieusement vos avis d’imposition et vos relevés de moins-values sur 10 ans.


Visualisation : Impact fiscal selon le type d’investisseur (sur 10 000 € de plus-values)

Montant d’impôt dû pour 10 000 € de plus-values (2026)

CTO – Flat tax 30 %

3 000 €
CTO – TMI 41 % + PS

~ 4 720 €
CTO – TMI 11 % + PS

2 820 €
PEA < 5 ans (retrait)

3 000 € + clôture
PEA ≥ 5 ans

1 720 €

* PEA ≥ 5 ans : seulement les prélèvements sociaux de 17,2 %. TMI 11 % avec déduction CSG partielle estimée.


7. FAQ : vos questions les plus fréquentes

Est-ce que je dois déclarer mes plus-values même si mon courtier prélève déjà à la source ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas. Le prélèvement à la source sur les revenus du capital (acompte de 12,8 % prélevé par votre établissement financier) est une avance sur impôt, pas un paiement libératoire définitif. Vous devez quand même reporter les montants sur votre déclaration de revenus. C’est lors de la régularisation annuelle que le vrai calcul s’effectue — et vous pouvez obtenir un remboursement si vous avez trop payé, ou un complément à régler dans le cas inverse.

Que se passe-t-il si je n’ai pas reçu mon IFU avant la date limite de déclaration ?

Contactez immédiatement votre courtier ou établissement bancaire : les IFU doivent légalement vous être transmis avant le 15 mars de l’année de déclaration. Si vous n’avez pas reçu votre IFU à temps, vous pouvez reconstituer vos opérations à partir de vos relevés de compte et déposer une déclaration rectificative ultérieure. N’attendez pas : déclarez avec les informations disponibles pour respecter le délai légal, puis corrigez si nécessaire. L’administration fiscale est généralement compréhensive face à un contribuable de bonne foi.

Comment déclarer des plus-values sur des cryptomonnaies en 2026 ?

Les crypto-actifs (Bitcoin, Ethereum, etc.) sont soumis à un régime spécifique depuis 2019. En 2026, les cessions de crypto-actifs réalisées par des particuliers sont imposées au PFU de 30 % (ou au barème sur option). La plus-value se calcule au prorata du portefeuille global selon une formule spécifique (article 150 VH bis du CGI). Vous devrez utiliser la case 3AN (plus-values) ou 3BN (moins-values) du formulaire 2042 C, et remplir le formulaire 2086 pour le détail des cessions. Attention : l’échange entre cryptomonnaies (Bitcoin contre Ethereum, par exemple) est un événement taxable depuis 2020 — contrairement à une idée encore très répandue.


8. Votre feuille de route fiscale : passez à l’action dès maintenant

La fiscalité boursière n’est pas une contrainte qu’on subit en mai — c’est un levier qu’on active tout au long de l’année. Voici votre plan d’action en 5 étapes concrètes :

  1. ️ Organisez vos documents dès janvier
    Créez un dossier (physique ou numérique) par courtier. Dès réception de vos IFU, vérifiez que les montants correspondent à vos relevés. Une erreur sur un IFU se corrige — mais seulement si vous la repérez à temps.
  2. Simulez votre imposition avant de déclarer
    Utilisez les simulateurs disponibles sur impots.gouv.fr pour comparer PFU vs barème progressif. Pour les foyers dont le TMI est de 11 % ou moins, l’option barème peut générer des économies de plusieurs centaines d’euros.
  3. Vérifiez vos moins-values reportables
    Consultez votre dernier avis d’imposition. Si vous disposez de moins-values en attente d’imputation, reportez-les scrupuleusement dans votre nouvelle déclaration, même en l’absence de plus-values cette année.
  4. Déclarez tous vos comptes étrangers via le formulaire 3916
    C’est non-négociable. DEGIRO, Interactive Brokers, Trade Republic (si enregistré à l’étranger) — chaque compte doit être déclaré. Cela prend 5 minutes et évite des amendes salées.
  5. Planifiez votre stratégie fiscale pour fin 2026
    En octobre-novembre, faites le point sur vos plus-values latentes et réalisées. C’est le bon moment pour d’éventuelles opérations de tax-loss harvesting avant la clôture fiscale de l’année.

La fiscalité boursière est une discipline en soi. Dans un contexte où les marchés financiers sont de plus en plus accessibles (applications de trading, fractionnement d’actions, démocratisation des ETF), la maîtrise des règles fiscales devient un avantage compétitif réel pour l’investisseur particulier. Selon l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), plus de 8 millions de Français détenaient des valeurs mobilières hors assurance-vie en 2025 — et une grande partie sous-optimise encore sa situation fiscale.

Alors, quelle est votre stratégie fiscale pour 2026 ? Avez-vous déjà optimisé l’allocation entre PEA et CTO, ou êtes-vous en train de laisser des économies d’impôts sur la table chaque année ? La réponse à cette question pourrait valoir plusieurs milliers d’euros sur l’ensemble de votre parcours d’investisseur.

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Author

  • Je me spécialise dans le financement de startups technologiques en phase de croissance. J'ai récemment dirigé un tour de table de 60 millions d'euros pour une licorne française spécialisée dans l'intelligence artificielle. Mon expertise couvre la sélection de participations, l'accompagnement stratégique et la sortie d'investissement.